Pétra

Pétra est sans doute l'une des cités troglodytes des plus connues au monde. Elle a été construite sur un massif de grès à dominance rouge au VIIIe siècle av. J.-C. par les Edomites puis repasser entre les mains des Nabatéens au VIe siècle av. J.-C.. Elle est idéalement située sur la route des caravanes transportant l'encens et les épices en Jordanie, ce qui explique notamment sa prospérité à cette époque.

Cette cité mythique du Proche-Orient est inscrite au patrimoine de l'UNESCO. Depuis 2007, elle est l'une des nouvelles merveilles du monde.

Pétra au fil de l'histoire

Les premiers occupants de la cité

Mosquée Sheikh Zayed

Pétra, une fascinante cité antique à moitié construite puis à moitié construite entre les roches et les montagnes, se trouve entre la mer Rouge et la mer Morte. D'après les fouilles archéologiques réalisées dans les années 60, le site a déjà été occupé pendant l'Âge de fer, c'est-à-dire entre 1200 à 539 av. J-C. En effet, les chercheurs ont trouvé plusieurs habitations avec les parois en pierre sèche se dressant au sommet du massif d'Umm al-Biyarah.

Dans l'une des habitations, les archéologues ont trouvé un sceau portant l'inscription « Qws G » qui appartenait probablement au roi d'Edom. La période où les Edomites ont abandonné Pétra est assez obscure. Selon l'histoire, ils ont pris le nom d'Iduméens et laissèrent la cité entre les mains des Nabatéens, un peuple arabe nomade.

D'après les archives, Pétra était juste une étape de voyage des Nabatéens pour acheminer les épices vers le port de Gaza. Toutefois, ils décidèrent de s'y installer à partir du Ve siècle av. J-C..

En effet, Pétra était pour eux le bon endroit pour se protéger contre les attaques extérieures étant donné que le site se trouve au cœur des roches et qu'il fallait arpenter un parcours sinueux et dangereux des gorges pour y accéder. Certes, les Nabatéens se sont sédentarisés sur Pétra, mais ont tout de même continué à vivre en mode nomade.

Pétra était surtout un centre de ralliement, un endroit où ils entreposaient leurs richesses. Toutefois, ils y construisirent des maisons, des jardins, des sanctuaires ainsi qu'une nécropole. Vers le Ier siècle, l'espace habitable s'est étendu vers les wadis situés à proximité.

Le nombre de monuments et de sanctuaires s'est également multiplié, dont le Khazneh : l'un des plus importants. Les Nabatéens ont pratiqué différentes religions. Ils ont adoré plusieurs divinités : ceux d'Edom, de la Syrie, d'Arabie, mais également des dieux grecs et romains.

Pétra sous l'annexion romaine

Pétra

À la mort du roi Rabbel II en 106 av. J.-C., Pétra a été annexé par les Romains, qui à cette période ont créé la confédération de la Décapole. L'empereur romain Trajan a donc nommé Bosra comme capitale de la nouvelle province. Pétra reste alors une ville moyenne, mais pas moins riche et toujours prospère.

En effet, les gouverneurs romains s'y rendent régulièrement et continuent à utiliser les différents monuments. Ils ont même édifié d'autres monuments comme un théâtre, le tombeau du gouverneur Sextius Florentinus, etc. Les Romains ont également mis en place des canaux adducteurs dans le Sîq, ont entrepris des travaux de pavement de la grande voie à colonnade, ont construit la porte du sanctuaire Qasr al-Bint, etc.

Même si Pétra n'a pas été victime des attaques et pillages lors de l'invasion palmyrénienne en 269 parce qu'elle n'était que la deuxième ville de la province, l'ouverture des routes maritimes à l'époque romaine commença à causer son déclin.

Les flux commerciaux ont été donc détournés et les caravanes passaient de moins en moins. Pétra a aussi eu différentes appellations comme « Pax Romana » sous le règne de l'empereur Hadrien puis « Palaestina taertia » sous le règne de l'empereur Dioclétien.

Période byzantine : Pétra devenue une cité chrétienne

Pétra

Lorsque Constantin Ier, le premier empereur romain chrétien a nommé Byzance ou Constantinople comme capitale de la province, Pétra a commencé à faire partie de l'Empire romain d'Orient. La cité a été christianisée et a vu la construction de trois églises découvertes lors des fouilles.

Au début, les autochtones sont restés réticents à la christianisation jusqu'à ce qu'un évêque appelé « Asterius » a été nommé pour siéger la ville. Le Deir a même été transformé en Eglise, ce qui explique la présence de croix peintes sur ses murs. La présence de tombes surmontées de croix atteste également la christianisation de Pétra. Par ailleurs, l'économie était tournée vers l'agriculture et non plus le commerce caravanier.

En 363 apr. J.-C., la cité a été frappée par un tremblement de terre meurtrier qui a détruit la moitié de la ville. De nombreux monuments ont été fortement endommagés comme les aqueducs et le théâtre romain. Cette catastrophe naturelle a marqué plus ou moins la fin de Pétra, d'autant plus que la ville ne s'est pas remise des conséquences de l'annexion romaine. Pétra commença alors à se dépeupler peu à peu.

La ville de Pétra conquise par les musulmans

Pétra

Jusqu'à aujourd'hui, aucune archive ne permet d'indiquer précisément quand Pétra a été pris à l'assaut par les musulmans. Cependant, les faits se sont déroulés avant la prise de Jérusalem en 638 apr. J.-C..

Les croisés se sont également intéressés à Pétra au Moyen-âge, au temps des croisades. Le roi Baudouin Ier et ses troupes ont donc occupé les terres de la cité et transforme cette dernière en fief de la Seigneurie d'Outre-Jourdain.

Pétra a également vu la construction de plusieurs forteresses comme celles d'Al-Habis et de Wu'ayrah. C'est en 1276 que la cité jordanienne a été totalement abandonnée et sombre dans l'oubli.

Les particularités architecturales de la cité de Pétra

Pétra

Lorsque les Nabatéens sont arrivés dans la cité de Pétra, ils utilisaient des tentes en peau de chèvre, très pratiques pour leur mode de vie nomade, qu'ils installaient le long du Wadi Moussa. À partir du IIe siècle av. J.-C., ils ont commencé à tailler leur habitation dans la roche avec des façades lisses, des portes excavées puis des escaliers.

Au Ier siècle, lorsque la monarchie nabatéenne s'affirme, la cité commence à s'urbaniser. Des structures de tailles monumentales ont commencé à voir le jour, dont le Deir. Le style architectural hellénistique qui se distingue avec les façades très décorées a été fortement utilisé

Pour démontrer leur prestige, les familles riches de la cité se rivalisaient entre elles en faisant construire des tombeaux aux tailles impressionnantes. Il est important de souligner que les habitations des Nabatéens étaient construites le long des parois des vallées ou taillées dans la roche.

Pour construire les façades, les architectes sculptaient de haut en bas en utilisant une plateforme taillée à même la pierre. Pour simplifier les travaux d'excavation, ils utilisaient les fissures déjà existantes dans les roches ou creusaient des trous et y inséraient des bois.

Avant 1896, l'entrée de la cité de Pétra était marquée par une grande arche de 16 m de hauteur, détruite par les tremblements de terre et l'érosion. Une grande muraille protégeait également la cité contre les attaques ennemies.

Comment Pétra a été redécouverte

Pétra

Au XIXe siècle, un historien allemand du nom de Jasper Seetzen aurait avancé que la cité antique de Pétra se trouverait dans le massif de Jepbel Hârûn ou la montagne d'Aaron. Les musulmans, étant particulièrement attaché par le tombeau d'Aaaron ont rendu impossible l'accès au tombeau d'Aaron par les explorateurs.

Lorsque Johann Ludwig Burckhart, un explorateur suisse a entendu dire que de magnifiques vestiges gisaient au cœur d'une forteresse naturelle près du village de Wadi Moussa, il se déguisa alors en pèlerin pour pouvoir s'introduire sur le site.

Il demanda aux guides musulmans sur les lieux de l'emmener sur le tombeau d'Aaron pour faire le sacrifice d'une chèvre. C'est ainsi qu'il a aperçu Pétra, mais n'a pas eu le temps de s'y arrêter. Il a donc répandu la nouvelle auprès des Occidentaux qui résidaient en Orient puis en Égypte.

De nombreux explorateurs de différentes origines ont tenté de lancer une expédition à Pétra, mais y parvenaient difficilement à cause de la méfiance des Bédouins. Cependant, deux explorateurs d'origine allemande ont réussi à inventorier quelques monuments présents sur le site à la fin du XIXe siècle.

Grâce à l'influence de la Grande-Bretagne sur la Transjordanie, des fouilles ont pu être réalisées au début du XXe siècle. Lorsque la cité antique de Pétra a été inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO en 1985, des subventions ont été obtenues pour la préservation du site. Grâce à sa magnificence et son histoire, la cité Pétra a également été élue une des 7 nouvelles merveilles du monde en 2007.

Pétra devenu site touristique

Pétra

Vers la moitié du XIXe siècle, la cité mythique de Pétra suscite les curiosités des pèlerins, les érudits, les savants, les assyriologues, les géographes, les artistes, les spécialistes des études bibliques, etc.. La plupart des chefs de clans bédouins résidant aux alentours ont donc voulu tirer profit de ce grand intérêt dont les étrangers témoignaient envers Pétra en proposant des visites guidées sur les lieux.

En 1923, l'émir Abdallah Ier accorde aux différentes tribus bédouines devenues entité unique la gestion et la taxation du site en contrepartie d'une mise sous tutelle du gouvernement. Aussi, le tourisme est devenu plus sécurisé à Pétra et commence à connaître une forte croissance. 

En 1960, lorsque l'USAID et l'U.S National Park Service ont été nommés pour gérer le site, ils recommandèrent la délocalisation hors de Pétra. Environ 150 personnes ont refusé de déménager et sont restées dans les grottes de la cité, malgré le fait que le gouvernement ait ordonné la construction d'un village spécialement pour ces tribus : le Umm Siehoun.

Pétra

À partir de 2013, la cité de Pétra accueille plus de 600 000 visiteurs par an. Les hôtels se trouvant à proximité se sont également multipliés de façon exponentielle. Si, en 1991, il n'y a avait que 4 hôtels sur les lieux, 40 infrastructures hôtelières ont été répertoriés jusqu'en 2015.Les Bédouins qui résidaient au village d'Umm Siehoum situé aux abords de la cité donnaient un aspect à la fois authentique et plus traditionnel au site. De plus, ils contribuent au développement du touriste en proposant des promenades à dos de chameau, d'âne ou de cheval aux visiteurs.

Manque de végétation protectrice, tremblement de terre, extension des villes voisines, surfréquentation touristiques, etc., autant de facteurs exogènes qui tendent à fragiliser la cité antique de Pétra. Comme le système d'irrigation de stockage d'eau de pluie et de régulation des ruissellements n'est plus utilisé comme autrefois, l'eau s'infiltre donc dans le sol et augmente le niveau de la nappe phréatique. Lorsque cette eau s'évapore, elle se charge en sel et cause des dommages importants aux monuments du site.

les roches ont été traitées de façon à stopper la remontée des sels. Financé par l'UNESCO, ce sont l'EDF Electricité de France, l'IGN ou Institut géographique national et le GTZ ou Deutsche Gesellschaft für Technische Zusammenarbeit qui se sont occupés des travaux.

Afin de maîtriser les conséquences de la surfréquentation touristique de Pétra, le site et ses environs ont été déclarés parc national archéologique à partir de 1993.

Les principaux monuments de Pétra

Pétra

Il est important de souligner que la cité de Pétra est jalonnée de sanctuaires, de tombeaux et d'autres monuments, dont les plus importants sont :

  • La Khazneh, une magnifique sépulture royale taillée dans la pierre
  • Le Deir, un immense oratoire utilisé pour des cultes mystiques puis utilisé par les chrétiens comme monastère
  • Le Temple de Qasr al-Bint : l'un des rares monuments qui ont été construits en grès et non taillés dans le grès. Il est posé sur une immense plateforme accessible par deux escaliers
  • Le Temple des lions ailés est dédié à la divinité Al-Uzza et a été construit par les Nabatéens au Ier siècle
  • Le Théâtre romain qui a été construit comme un Colisée pouvait accueillir 3000 à 8000 personnes. Il a été déterré par des archéologues américains en 1961
  • L'Église byzantine a été construite en marbre et en granit, dans le style gréco-romain, pendant la période byzantine. Elle a été découverte en 1990

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