Angkor

Angkor est une ancienne cité médiévale fondée vers le IX siècle sous l'empire khmer. Elle s'étend sur 1000 km² de surface, en plein cœur de la jungle de Tonlé Sap, à quelques encablures de la ville de Siem Réap, au Cambodge. Elle abrite le plus important complexe religieux et historique de l'Asie du Sud-est.

Angkor symbolise la noblesse de l'architecture khmère, mais reflète également l'ingéniosité de son peuple à travers les structures hydrauliques qui constituent le site. La cité fait partie de l'un des plus beaux sites archéologiques au monde classé au patrimoine mondial de l'UNESCO.

La constitution de la cité médiévale d'Angkor sous les différentes monarchies

Angkor

Au XIe siècle, un roi khmer du nom de Jayavarma II a choisi la région d'Angkor, sur le site de Roluos, pour établir la capitale de son royaume. Il s'est proclamé monarque universel représentant le dieu Shiva et a créé le culte "Devaraja", voué au roi-dieu. Il est également à l'origine de l'unification du royaume khmer qui était divisé en plusieurs provinces. À sa mort en 850, son successeur Indravarman I a construit plusieurs monuments, dont les temples de Bakong et de Preah Ko puis un réservoir d'eau ou Baray.

C'est le roi Yasovarman I, successeur du roi Indravarman I qui est considéré comme le véritable fondateur de la cité d'Angkor. Il a déplacé la capitale de son royaume à Angkor. Comme il est de tradition pour chaque monarque khmer de marquer le commencement d'un nouveau règne par la construction d'un ou plusieurs édifices religieux, le roi Yasovarman I a édifié les temples de Phnom Bok et de Phnom Krom. Il a également construit le Baray sous la forme de lac artificiel. L'édification de temples khmers permettait également aux rois d'étendre le territoire loin des limites de la ville.

Lorsque Jayavarman IV est devenu roi en 928, il a installé la capitale du royaume khmer à Koh Ker, situé à plus de 60 km d'Angkor près de Siem Réap. Son neveu devenu roi après sa mort en 948 a quitté Koh Ker pour se réinstaller à Angkor. Le monarque a laissé derrière lui les temples-montagnes du Mebon oriental et de Pre Rup. Son successeur, le roi Jayavarman V, a construit le temple inachevé de Ta Keo. En effet, la tradition angkorienne interdisait au successeur de poursuivre un œuvre architectural de son prédécesseur mort puisque chaque règne est signe de recommencement.

Angkor Vat : le monument le plus important de la cité mythique d'Angkor

Angkor Vat

Devenu roi en 1113, le roi Suryavarma II comme tous ses prédécesseurs devait construire un monument religieux pour signifier le renouvellement d'un règne. Pour mieux asseoir la légitimité de son pouvoir, il a conféré une dimension sacrée à son règne en s'identifiant au dieu Vishnu, divinité invoquée pour soutenir les rois dans les différentes guerres.

Le roi Suryavarma a donc fait construire un temple hindouiste dédié à Vishnu : le Angkor Vat, au Cambodge. Comme tous les autres temples khmers, l'Angkor Vat a été édifié en pierre de grès provenant du mont Kulen.

Il est érigé au sommet du mont Meru et s'étend sur une surface de 1,3 km². Le temple est constitué de 5 tours ainsi que des douves de taille importante. Ses dernières symbolisaient non seulement l'océan cosmique, mais protégeaient également les fondations du temple en régulant le niveau d'eau qui le submergeait durant les saisons de pluie.

Contrairement aux autres temples khmers, Angkor Vat est orienté vers l'ouest étant donné que le dieu Vishnu est considéré comme le roi des territoires occidentaux. D'après les chercheurs, les façades du temple étaient recouvertes de peinture de couleur rouge, blanche et bleue, mais les assauts du temps ont fait que le temple parait aujourd'hui de couleur grise.

Comment Angkor a-t-il sombré dans l'oubli ?

Angkor

Lorsque les explorateurs ont découvert la cité médiévale d'Angkor au XIXe siècle, elle était enfouie sous les végétations. Pour comprendre son déclin, il convient de remonter au XIVe siècle lorsque les conflits qui opposaient l'empire du khmer au royaume de Champa ont pris une certaine ampleur et qu'en même temps les Khmers devaient confronter les Siams, dont la puissance devenait de plus en plus importante jusqu'à s'étendre près des frontières de l'empire khmer.

Les Siams sont alors devenus les principaux ennemis des Khmers lorsqu'ils se sont établis à Ayutthaya et ont lancé les raids. Les confrontations se sont soldées par la défaite des Khmers et la prise d'Angkor par les Siams.

Les différents conflits qui opposaient les Khmers aux Siams depuis longtemps ont également eu des retombées négatives sur le système hydraulique de la cité d'Angkor. En effet, les infrastructures n'ont pas été entretenues convenablement durant plusieurs décennies. Pourtant, les Baray permettaient à la fois de stocker et d'évacuer l'eau selon les saisons, mais également d'approvisionner toutes les rizières et les champs de culture en eau.

Si la maîtrise de l'eau constituait donc en partie la force de l'empire khmer, la perte de contrôle du système était aussi à l'origine de son déclin progressif étant donné que l'empire était incapable de nourrir correctement son peuple, d'où les différents troubles sociaux.

Angkor

Le déclin de l'empire khmer peut aussi s'expliquer par la volonté des souverains à étendre le royaume d'Angkor. Pourtant, les travaux d'extension favorisaient la déforestation. Comme il n'y avait plus d'arbres, il n'y a avait donc plus de racines qui absorbaient l'eau lorsque les précipitations étaient très importantes.

Enfin, la diffusion de la religion bouddhiste theravada pendant le XIVe siècle sur le royaume d'Angkor explique également son déclin. En effet, cette nouvelle doctrine prônait la croyance en un destin collectif. Le peuple a donc commencé à remettre en question l'autorité des souverains. Le temple d'Angkor Vat a même été converti au bouddhisme à cette époque, d'où la présence de certaines statues représentant Bouddha.

Aujourd'hui, il ne reste plus d'Angkor que d'extraordinaires temples de pierre qui rappellent la puissance et la prospérité de la cité à son apogée. La magnificence et l'histoire du site lui ont valu d'être inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO en 1992 et d'être dans la liste des 21 sites préselectionnés pour l'élection des 7 nouvelles merveilles du monde en 2007.

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