Tombouctou est une commune du Mali, et une des villes les plus riches en passé historique et en patrimoines de l'Afrique. Elle fait partie du patrimoine mondial de l'UNESO depuis 1988.

Fondée au 12ème siècle, la ville abrite des monuments historiques, notamment ces trois mosquées : Djingarey-berre, Sankoré et Sidi Yahia. À cela s'ajoutent ses 16 mausolées reflétant l'architecture traditionnelle typique de la ville.

Elle se situe à l'entrée du désert saharien et est longée par le fleuve Niger. Par sa situation géographique, Tombouctou est devenue un important centre commercial, où s'échangeaient des marchandises, de l'or et des manuscrits des intellectuels.

Tombouctou

Tombouctou aujourd'hui

Tombouctou est une ville du Mali longeant le fleuve Niger. Elle se situe à l'entrée du désert de Sahara dans une zone fertile et exceptionnelle. Il constitue le chef-lieu du cercle de Tombouctou, mais aussi de la région.

La ville est constituée d'une population cosmopolite. Les Touaregs Imagharen seraient les premiers à s'y être établis suivis des Arabes provenant de différentes oasis. Des commerçants, intellectuels Soninke ainsi que des Songhays ont ensuite conquis la ville.

À l'heure actuelle, le songhay est la langue la plus utilisée. L'arabe et le tamasheq sont encore aussi dominants.

L'histoire de Tombouctou

Origine

Tombouctou est une des villes africaines les plus riches en histoire. Bâtie au 12ème siècle, la ville n'est apparue dans les écrits arabes qu'au 14ème siècle, après la visite d'Ibn Battuta. D'après les chroniqueurs, elle aurait été fondée par des nomades qui s'installaient près du fleuve Niger afin de ravitailler en eau et pâturages leurs chameaux.

Le nom de la ville Tombouctou serait un mot tamasheq, une langue utilisée par les premiers occupants, les Touaregs. Il vient du mot « tim » ou « tin » qui signifie puits et de « bouctou », le nom d'une vieille femme gardienne du puits.

Du Moyen-Âge à l'occupation marocaine

Vers 1325, Mansa Musa, le dirigeant de Mali a visité la ville après un pèlerinage et y a bâti une résidence puis une mosquée : la Jingere-Ber. Après le déclin de l'Empire Malien, la ville est passée entre les mains d'un groupe de Touaregs. Mais ces derniers furent chassés en 1468 lorsque la ville a été incluse dans l'Empire Songhay durant le règne de Sonni'Ali. L'activité intellectuelle était très développée, les intellectuelles de la ville ont commencé à écrire des livres religieux ou la laïcité.

Au 16ème siècle, la ville était régné par Askia al-Hajj Muhammad, période pendant laquelle, Tombouctou a connu son « âge d'or ». L'activité intellectuelle a continué de briller, la ville est même devenue un lieu de commerce de livres. Des livres provenant d'Égypte et d'Afrique du Nord arrivaient dans la ville, et des intellectuels pratiquant le pèlerinage y passaient pour copier des textes afin d'alimenter leur propre bibliothèque. Une véritable activité basée sur la copie des livres s'est ainsi développée.

Durant son règne entre 1548 et 1583, Askia Daoud a fait établir des bibliothèques publiques.

Abritant l'université de Sankoré, la ville était un haut lieu de propagation de la culture et religion islamique dans l'Afrique. L'établissement comptait 180 écoles coraniques et 25 000 étudiants.

En 1591, l'invasion marocaine a mis fin l'âge d'or de Tombouctou.

De l'occupation marocaine à la colonisation française

Après la prise de la ville organisée par Mawlay Ahmed al-Mansur le dirigeant Sa'dian du Maroc, le commerce et l'activité intellectuelle de Maroc ont commencé à perdre son importance. Certaines bibliothèques étaient même brulées, notamment celle d'Ahmed Baba.

Après la mort de mort d'Ahmed al-Mansur, des dirigeants militaires étaient au commandement et ont coupé petit à petit les liens avec les Sa'dians. Un État a été ainsi établi dont le siège se trouvait à de Jenne à Bamba. Il a connu beaucoup de difficultés pendant plusieurs siècles successifs mettant en forte régression l'activité intellectuelle.

La ville a été contrôlée par les Fulbes avant d'être colonisée par la France au début du 19ème siècle, plus précisément en 1894. Une colonisation qui a duré 66 ans. Le Mali obtient l'indépendance en 1960.

De l'indépendance à aujourd'hui

Depuis son indépendance, Tombouctou est touchée par des insurrections des groupes de Touaregs rebelles demandant plus d'indépendance et un désenclavement de la région du Nord.

L'insurrection du 1er avril 2012 par les groupes de Touaregs détruit les mausolées de la ville. Mais la ville a été très vite reprise et contrôlée grâce à l'aide de l'armée française.

À l'heure actuelle, près de 300 000 des manuscrits des élites et intellectuels de Tombouctou circulent encore dans la ville et ses régions voisines. Ces écrits constituent de véritables patrimoines de la ville.

Les patrimoines culturels de Tombouctou

Tombouctou compte au total trois mosquées et 16 mausolées, tous inscrits au patrimoine mondial de l'UNESCO en 1988. Ces trois mosquées Djingareyber, Sankoré et Sidi Yahia témoignent de son riche passé.

Ces richesses culturelles constituent de véritables vestiges urbains et des atouts touristiques de cette ville. Ils sont d'ailleurs classés parmi le patrimoine mondial de l'UNESCO et être dans la liste finale de l'élection des 7 nouvelles merveilles du monde.

La Mosquée-Djingarey-berre ou Ddingareyber

Elle a été bâtie en 1325, sous le sultan Kankan Moussa après un retour d'un pèlerinage. Elle est faite en terre cuite.

L'édifice a été ensuite rénové entre 1570 et 1583 par le Cadi de Tombouctou Imam Al Aqib. Ce dernier a ajouté toute la partie sud ainsi qu'un mur d'enceinte près des cimetières.

Dominant la ville, ce monument historique constitue un repère incontournable de la ville.

La Mosquée de Sankoré

Elle a été édifiée au 14ème et a été reconstruite entre 1578 et 1582 par l'Imam Al Aqib. Ce dernier l'a démoli pour lui donner les mêmes dimensions que la Kaaba de La Mecque.

La mosquée de Sidi Yahia

Cette mosquée a été bâtie vers l'année 1400 par le marabout Cheick El Moktar Hamalla pour attendre un Saint. Ce dernier n'est apparu que 40 ans plus tard, il n'est autre que le chérif Sidi Yahia. Ce dernier est nommé Immam.

Bâtie au sud de la Mosquée de Sankoré, cet édifice a été restauré entre 1577-1578 par l'Imam Al Aqib.

Les mausolées

Au nombre de 16 reflètent les modèles typiques de l'architecture de terre utilisée. Elles montrent également les techniques de construction traditionnelles utilisées à l'époque.

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